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divendres, 13 de juliol del 2012


Les disparues de l’histoire

par Nicole Pellegrin, novembre 2008
Qui, en France, connaît l’auteure de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne parue le 14 septembre 1791 ? Une présidentiable en quête de voix féminines lors de l’élection de 2007 ? La poignée de féministes et les quelques historiens et historiennes qui rêvent de faire entrer au Panthéon une femme de lettres proprement révolutionnaire ? N’a-t-elle pas su proclamer et appliquer, elle-même, le principe : « La femme a droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune » (article X) ? Ce passage, le plus cité de tous les écrits d’Olympe de Gouges, a un accent dramatique qui plaît d’autant plus que le reste de laDéclaration se contente de corriger, en le féminisant, le texte de 1789. Donner — concrètement et non dans l’abstrait — tous les droits à tous, y compris à un « sexe supérieur en beauté et en courage », c’était penser autrement, c’est-à-dire avec force et humour, l’ensemble des rapports sociaux et s’inscrire ainsi dans un débat européen sur l’égalité véritable, débat ouvert par les Lumières et qui est encore d’actualité.
Longtemps ignorée (quelques extraits sont publiés en 1840, mais la première version complète est éditée par Benoîte Groult en 1986), la Déclarationsignée (et donc pleinement assumée) par de Gouges est dédiée à la reine.
Cette brochure semble être passée inaperçue en son temps, contrairement à laVindication of the Rights of Women, de Mary Wollstonecraft, traduite dès 1792 et bien moins radicale dans sa forme. Cette publication précède de deux ans la mort sur l’échafaud de de Gouges, pour fédéralisme et antirobespierrisme, le 3 novembre 1793.
Réédité sous une forme souvent tronquée, ce document tend à faire de Marie Gouze, veuve Aubry, dite Olympe de Gouges, une icône internationale du féminisme. Cependant, cette renommée, qu’ignore encore largement l’Hexagone, reste partielle. Quand elle est connue, la fin tragique de la seconde guillotinée de l’histoire de France (Marie-Antoinette l’a devancée de peu) a éclipsé les autres titres de gloire d’une femme au destin transgressif : fille non reconnue d’un père aristocrate et de la belle épouse d’un boucher de Montauban, Occitane montée à Paris après un veuvage précoce, romancière autobiographe et écrivaine de théâtre malmenée, cette antiesclavagiste notoire fut une pamphlétaire novatrice qui sut répandre ses idées par des affiches et par voie de presse : abolir la traite négrière, réformer l’impôt et la Constitution, sauver la tête des monarques, donner à toutes et à tous le droit au divorce et à l’éducation, etc.
De ses multiples combats, on a surtout retenu ses attaques frontales en faveur des femmes. Puisque « la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits »(Déclaration, article I), « la loi doit être l’expression de la volonté générale ; toutes les citoyennes et tous les citoyens doivent concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation ; elle doit être la même pour tous : toutes les citoyennes et tous les citoyens étant égaux à ses yeux, doivent être également admissibles à toutes les dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités, et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents » (art. VI).
Sa vie et ses idées sont désormais bien connues grâce au travail d’Olivier Blanc et à plusieurs rééditions de ses pièces de théâtre et d’autres textes (Côté-femmes, Mille et une nuits, Cocagne). Des travaux universitaires récents projettent une lumière de plus en plus nuancée sur une œuvre singulière (Joan Scott, Eléni Varikas, Christine Fauré, Gabrielle Verdier, Catherine Masson, etc).
Mais les aléas de la notoriété posthume de de Gouges, y compris comme féministe, méritent attention car ils posent la question plus générale des innombrables (semi-) oubliées de l’histoire. Pour avoir pris la parole et fait la preuve de talents jugés masculins, celles-ci passèrent, en leur temps, pour des « femmes-hommes » et des viragos. Cette célébrité première, accrue souvent par des situations qui les rendaient socialement et financièrement vulnérables, a englouti ou marginalisé ces femmes, quand elle ne les a pas métamorphosées en harpies et/ou en martyres.
George Sand n’a pas échappé, non plus que Mme Roland, à ce type de défiguration, à la fois physique et morale. Quant à leurs consœurs écrivaines, féministes ou non, elles ont attendu longtemps avant de reconnaître l’apport de de Gouges à la réflexion politique en général et à la cause des minoritaires (femmes ou esclaves) en particulier. Flora Tristan ne se dit-elle pas, en 1843 dansL’Union ouvrière, « la première qui a reconnu en principe les droits de la femme » ? Déni ou mépris des devancières ? On ne sait, mais les différentes vagues du féminisme ont connu des « oublis » analogues.
La misogynie des « découvreurs » récurrents de de Gouges a, au XIXe siècle, des accents féroces et stupides :« héroïque et folle » (les Goncourt), atteinte de « paranoïa reformataria » (un docteur Guillois), « une toquée dans ses mauvais jours, trop nombreux, ce fut une gâcheuse dans ses meilleurs » (Léopold Lacour), etc. Mais, en ce début du XXIe siècle, il serait fâcheux de voir se mettre en place une vision qui, pour être plus pondérée, n’en resterait pas moins biaisée et tronquée.
Activiste anomique des lettres françaises, de Gouges est inséparable de l’ensemble des débats de son temps et d’un monde violemment genré où les femmes font alors, sans le fard de l’anonymat, une percée remarquée et controversée. Au milieu d’écrivaines francophones talentueuses comme Isabelle de Charrière, Germaine de Staël, Stéphanie de Genlis, Constance Pipelet, Louise de Kéralio et beaucoup d’autres souvent oubliées, de Gouges est, selon Fortunée Briquet en 1804, une des « femmes les plus intéressantes de son temps ».
Le contexte dans lequel l’auteure de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne a formulé ses idées, et surtout leur sens aujourd’hui, seront traités durant deux jours, le 14 novembre à l’UNESCO et le 15 novembre àMontreuil (Ecole nationale de musique et de danse), de 10 heures à 17 h 30, par des spécialistes de son œuvre et des « grands témoins » des combats actuels pour l’égalité des droits.
Avec : Olivier Blanc, Nicole Pellegrin, Benoîte Groult, Josette Fallope, Violaine Lucas, Gabrielle Verdier, Anna Azaria, Souhayr Belhassen, Catherine Masson, Soha Bechara, Aminata Traoré.
Organisé par Le Monde diplomatique avec le soutien du Secteur des sciences sociales et humaines de l’UNESCO, de la Commission française pour l’UNESCO, de la ville de Montreuil, du Conseil Régional d’Ile-de-France et de TV5 Monde.
Entrée libre sur réservation sur www.unesco.fr
Le Monde diplomatique de novembre 2008, en kiosques le 29 octobre, comportera un supplément consacré à la figure d’Olympe de Gouges.
Nicole Pellegrin
Historienne et anthropologue.
Extrait de: http://www.monde-diplomatique.fr/2008/11/PELLEGRIN/16435

dimarts, 12 de juny del 2012

Homo oeconomicus

divendres, 25 de maig del 2012

Un republicanisme social al Segle XVIII: l'excepció francesa?


Vendredi 01 juin 2012  |  Paris (75005)

Un républicanisme social au XVIIIe siècle : l'exception française ?

Social republicanism in the 18th century: the French exception?

Publié le mardi 15 mai 2012 par Elsa Zotian
RÉSUMÉ
Le colloque aura pour objet de discuter la pertinence pour le XVIIIe siècle français des attendus des historiens du républicanisme qui polarisant les discussions concernant ce courant autour des questions de la liberté des individus et des vertus civiques, relèguent au second plan celles de la justice sociale, et de l’égalité des conditions. Or certains philosophes considérés comme les principaux représentants du républicanisme en France au siècle des Lumières ont insisté sur la nécessaire répartition égalitaire des ressources en régime républicain.On pourra donc se demander comment souveraineté populaire et question sociale sont liées l'une à l'autre dans cette séquence historique et philosophique cruciale, puisqu’elle débouche, comme on sait, sur les bouleversements de la décennie révolutionnaire.
ANNONCE

Programme

Organisation et coordination : Stéphanie Roza (stephanieroza@yahoo.fr) et Pierre Crétois(pierre.cretois@gmail.com), avec le soutien de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne et de la Fondation Jean Jaurès.

Vendredi 1er juin (salle D631) :

14h : Accueil des participants.
Présidence : Céline Spector (Philosophie, Université  de Bordeaux III) :
14h15 : Yannick Bosc (Histoire, IUFM de Rouen): « Républicanisme et protection sociale : l'opposition Paine-Condorcet »
15h00 : Françoise Brunel (Histoire, Paris I) : « La politique sociale de l'An II : un république de « collectivisme individualiste »? »
15h45 : Pause café
16h00 : Jean-Numa Ducange (Histoire, Université de Rouen) : « Fonder le républicanisme socialiste : Jean Jaurès et la Révolution Française »
16h45 :  Juliette Grange (Philosophie, université de Tours) : titre à préciser.
17h30 : Discussion de la première session.

Samedi 2 juin (salle Cavaillès) : 

9h15 : Accueil des participants. Présidence : Jean Salem (Philosophie, Paris I)
9h30 : Pierre Crétois (Philosophie, Lyon II), « Rousseau : souveraineté et égalité ».
10h15 : Vincent Bourdeau (Philosophie, Université de Besançon), « Economie politique ou économie morale des républicains ? Débats historiographiques et questions philosophiques au sujet de l'économie politique dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle ».
11h00 : Christophe Miqueu (Philosophie, IUFM de Bordeaux), titre à préciser.
11h45 : Christopher Hamel (Philosophie, Université Libre de Bruxelles), « Diderot et le commerce des blés : la critique de la liberté illimitée ».
12h30 : Déjeuner
14h00 : Troisième session. Présidence : Bertrand Binoche (Philosophie, Paris I)
14h15 : Johnson Kent Wright (Histoire, Arizona State University ) : « L'exception qui confirme la règle : l'Ecole de Cambridge et la France »
15h00 : Arnault Skornicki (Science politique, Paris X-Nanterre) : « Le moment néo-machiavélien dans l'économie politique des Lumières : de Forbonnais à Necker »
15h45 : Pause café
16h00 : Thomas Boccon-Gibod (Philosophie, Paris X-Nanterre): « De la volonté générale au service public : continuités et ruptures du républicanisme social français »
16h45 : Stéphanie Roza (Philosophie, Paris I) : « L'exercice de la souveraineté populaire, de Rousseau à Babeuf ».
17h30 : Discussion générale

Mots-clés
  • républicanisme, égalité, Révolution française
Lieu
  • Paris (75005) (17 rue de la Sorbonne (Université Paris I Panthéon-Sorbonne))
Dates
  • vendredi 01 juin 2012
  • samedi 02 juin 2012
Contact
  • Stéphanie Roza
    courriel : stephanieroza (at) yahoo [point] fr